Rue parisienne taguée au crépuscule avec la Tour Eiffel illuminée au loin

Quartiers à éviter à Paris : guide complet 2026

Paris compte aujourd’hui 2,1 millions d’habitants et affiche un taux de criminalité qui interpelle : 116 infractions pour 1 000 habitants en 2024. Ça représente concrètement 245 200 crimes et délits recensés sur l’année.

Pour vous donner une idée, c’est cinq fois plus élevé que la moyenne française. Alors oui, la capitale reste la capitale, mais certains coins posent franchement problème. Et spoiler : c’est surtout concentré dans le nord-est parisien.

Si vous cherchez à acheter, louer ou même simplement vous balader tranquille, cet article va vous aider à y voir plus clair sur les zones à privilégier… et celles à fuir.

Les arrondissements vraiment problématiques

Carte de Paris sur fond blanc indiquant les 18e, 19e et 20e arrondissements avec pictogrammes d’alerte orange
Carte de Paris mettant en évidence les arrondissements 18e, 19e et 20e, souvent cités parmi les zones à éviter selon les quartiers.

Trois secteurs se détachent nettement du lot : le 18ème, le 19ème et le 20ème. Pas de langue de bois ici, ces arrondissements cumulent les difficultés depuis des décennies.

18ème arrondissement : une fracture Nord-Sud marquée

Le 18ème, c’est un peu Dr Jekyll et Mr Hyde. La partie haute autour de Montmartre reste charmante et relativement sûre. Par contre, descendez vers le nord et vous changez carrément d’univers.

carte 18e arrondissement Paris et les quartiers à éviter

Porte de la Chapelle et La Chapelle trustent la première place du podium des endroits les plus craints de Paris. Le trafic de stupéfiants y tourne à plein régime, jour et nuit. Même les Parisiens aguerris évitent soigneusement le secteur après la tombée de la nuit. La situation s’étend jusqu’à la Porte d’Aubervilliers avec la cité Charles Hermite qui donne des sueurs froides aux forces de l’ordre.

Marx Dormoy s’est franchement dégradé ces dernières années. Le business du cannabis s’est installé durablement dans les halls d’immeubles et en pleine rue. Après 19h, l’ambiance devient vraiment tendue avec des groupes qui squattent l’espace public et intimident les riverains. Pas franchement l’idéal pour une balade digestive.

Goutte d’Or et Barbès-Rochechouart : là on entre dans la légende. Ce quartier traîne une réputation sulfureuse depuis des lustres. Le crack et les cigarettes de contrebande s’y négocient ouvertement, notamment autour du métro Barbès. Les vendeurs à la sauvette jouent au chat et à la souris avec la police. La prostitution de très jeunes femmes africaines ajoute une dimension dramatique au tableau. Nuisances sonores, saleté, problèmes sanitaires : bienvenue dans le quotidien local.

Château Rouge prolonge les difficultés de Barbès. Tous les trafics imaginables s’y côtoient. Le marché Dejean attire du monde, mais aussi son lot de délinquance. Les vols à la tire sont monnaie courante, même en plein jour.

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Clignancourt regroupe plusieurs cités sensibles : les HBM de la porte de Clignancourt, les 3 tours, le Talus et la cité Blémont. Drogues, ventes à la sauvette, violences urbaines… Les guerres de bandes y éclatent régulièrement. Paradoxe total avec le marché aux puces situé juste à côté.

19ème arrondissement : champion toutes catégories

Accrochez-vous : le 19ème détient le record du taux de criminalité parisien avec 18 005 faits de délinquance en 2024. Pratiquement tout l’arrondissement pose problème, avec certains coins carrément ingérables.

carte du 19e arrondissement de Paris et les quartiers à éviter

Riquet-Stalingrad remporte la palme du pire quartier de Paris en 2024. Surnommé affectueusement « Stalincrack », il symbolise la crise du crack dans la capitale. Une concentration hallucinante de consommateurs traîne autour de la station de métro et de l’avenue de Flandre. La Forêt linéaire nord, ce parc le long du périph’, a même dû fermer tellement c’était devenu le QG du trafic de crack. Les abords de la Rotonde après 19h ? Un théâtre à ciel ouvert de tous les trafics possibles. Les riverains ne sortent tout simplement plus le soir.

Cambrai figure parmi les cités les plus dures de Paris. Depuis des années, ce nom résonne dans les faits divers liés aux guerres de bandes, notamment avec Riquet. Les règlements de comptes y sont réguliers. La police a beau renforcer sa présence, ça ne suffit pas à calmer le jeu.

Place des Fêtes s’enflamme particulièrement le soir avec une intensification des trafics et des regroupements. Les émeutes de 2023 ont bien montré la tension latente du secteur. La vingtaine de tours et barres autour de la place ne représente qu’une partie de la zone sensible, qui s’étale jusqu’à la rue de l’Orme et le boulevard Sérurier.

Danube accumule les faits divers graves. En 2023, un homme a été retrouvé mort dans un hall d’immeuble de la cité Michelet. Le trafic de drogue y tourne avec des équipes structurées. Les affrontements avec Place des Fêtes créent un climat permanent d’insécurité.

Rosa Parks, c’est l’illustration parfaite du décalage entre aménagement urbain et réalité du terrain. Malgré la toute nouvelle gare RER flambant neuve, les collectifs de riverains parlent carrément d' »enfer ». Saleté et insécurité s’y combinent joyeusement. Le conseil des habitants ? Sortir uniquement en journée et rester sur les grandes artères.

Jaurès et Colonel Fabien abritent plusieurs cités sensibles comme la Cité Rouge et la rue de Meaux. Différents trafics y prospèrent tranquille. L’ambiance tendue et les regroupements fréquents imposent une vigilance maximale, surtout près des stations de métro.

Laumière et Ourcq : moins médiatisés que Riquet ou Cambrai, mais tout aussi problématiques. Laumière est historiquement connue pour son trafic de crack, notamment dans la cité Reverdy. Le secteur Ourcq-Rue Petit-Laumière complète le tableau des zones à risque.

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Belleville côté 19ème a connu une saisie record de plus d’une tonne de cannabis en 2009. Ça donne une idée de l’ampleur du business. Le quartier reste hyper-actif en matière de trafic et fait partie des zones les plus sensibles de l’arrondissement.

20ème arrondissement : une amélioration relative

Le 20ème s’est relativement calmé par rapport aux années 2010, mais ça reste très relatif. Plusieurs secteurs posent encore de sérieux problèmes.

carte 20e arrondissement Paris et les quartiers à éviter

Belleville côté 20ème : les rues Piat, Ramponeau et le secteur des Couronnes constituent la zone la plus chaude du 20ème. Belleville reste hyper-sensible avec des trafics de rue importants et des attroupements fréquents. Dans le classement des zones les plus problématiques de Paris, on le trouve juste derrière Riquet-Stalingrad et Barbès. Classé en zone de sécurité prioritaire, il bénéficie d’une présence policière renforcée qui peine quand même à contenir les difficultés.

Saint-Blaise était carrément l’un des quartiers les plus violents de Paris au milieu des années 2010. Les bagarres étaient quotidiennes et d’une violence rare. Aujourd’hui, ça s’est tassé, mais Saint-Blaise reste classé en zone de sécurité prioritaire. Actes de vandalisme réguliers, tensions qui persistent, trafic toujours actif : pas vraiment la destination idéale pour poser ses valises.

La Banane (rue Duris) est associée au trafic de drogue depuis les années 90. Le quartier fournissait une bonne partie de l’Île-de-France en stupéfiants. Même si les choses se sont calmées par rapport aux années 2010, la zone reste très sensible avec une activité de trafic toujours bien présente.

Ménilmontant : le 140 Ménilmontant était une cité impénétrable dans les années 90. Aujourd’hui, le secteur fait face à des difficultés d’intégration sociale et une augmentation des actes criminels. Les groupes qui traînent dans les rues créent une ambiance tendue, surtout le soir.

Python, Félix-Terrier, Orteaux ont connu des destructions de bâtiments qui ont permis de calmer un peu la situation. Dans les années 2010, Python était vraiment atroce niveau bagarres. Ces secteurs restent confrontés à des conditions sociales fragiles et des problèmes de tranquillité publique. Les nuisances nocturnes sont régulières dans les rues Félix-Terrier et des Haies.

Fougères-Dulaure fait partie des cités sensibles du 20ème avec un environnement urbain franchement dégradé. Les tensions y sont palpables et la zone nécessite une vigilance particulière en soirée.

Télégraphe-Saint-Fargeau sont classés en zone de sécurité prioritaire avec une activité policière renforcée pour lutter contre les trafics et le vandalisme. La situation reste fragile malgré les efforts.

Porte de Montreuil : zone de passage où persistent les trafics à la sauvette, le business de cigarettes et de drogue (notamment rue du Volga), les incivilités et les regroupements suspects. Les jours de marché aux puces, c’est carrément l’anarchie selon les riverains. Les rues d’Avron et de Buzenval abritent des commerces aux fausses devantures servant de plaques tournantes pour le proxénétisme et la drogue.

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Les quartiers où vous pouvez vivre tranquille

Heureusement, Paris ne se résume pas à ces zones sensibles. Plusieurs secteurs offrent un cadre de vie agréable et sécurisé.

Le Marais (3ème et 4ème) combine charme historique et sécurité. Ses rues pavées, ses monuments et sa vie culturelle animée s’accompagnent d’une présence policière régulière. Parfait pour les amateurs d’art et de patrimoine qui veulent profiter tranquille.

Saint-Germain-des-Prés (6ème) affiche un standing indéniable. Cafés littéraires, galeries d’art, boutiques haut de gamme… L’atmosphère sophistiquée va de pair avec une surveillance renforcée qui garantit une excellente sécurité.

Le 7ème arrondissement reste la référence pour les familles aisées et les expatriés. Zone résidentielle ultra-premium abritant ambassades et institutions gouvernementales, la sécurité y est optimale. Vous payez le prix fort, mais vous avez la tranquillité absolue.

Le Quartier Latin (5ème) conjugue vie étudiante animée et patrimoine exceptionnel. Les ruelles bien éclairées et l’animation constante créent une atmosphère conviviale et sécurisée, de jour comme de nuit.

Tableau récapitulatif : sécurité et prix au m²

QuartierNiveau de sécuritéPrix moyen/m²Recommandation
18ème – Porte de la Chapelle❌ Très faible8 670 €À éviter absolument
18ème – Marx Dormoy❌ Très faible8 670 €À éviter absolument
18ème – Goutte d’Or/Barbès❌ Très faible8 670 €À éviter absolument
19ème – Riquet-Stalingrad❌ Zone de non-droit8 631 €À éviter absolument
19ème – Cambrai❌ Très faible8 631 €À éviter absolument
19ème – Place des Fêtes❌ Très faible8 631 €À éviter absolument
19ème – Danube❌ Très faible8 631 €À éviter absolument
20ème – Belleville⚠️ Précaire8 375 €À éviter
20ème – Saint-Blaise⚠️ Dégradé8 375 €À éviter
20ème – La Banane⚠️ Précaire8 375 €À éviter
Le Marais (3ème-4ème)✅ Excellente12 000 € +Recommandé
Saint-Germain (6ème)✅ Excellente13 000 € +Recommandé
7ème arrondissement✅ Excellente12 500 € +Recommandé
Quartier Latin (5ème)✅ Bonne11 500 € +Recommandé

Conseils pour investir intelligemment à Paris

Le marché immobilier parisien présente des écarts de prix hallucinants entre arrondissements. Les secteurs du nord-est (18ème, 19ème, 20ème) affichent des prix moyens de 8 375 à 8 670 €/m², soit 40 à 50 % moins chers que les arrondissements centraux qui dépassent les 12 000 €/m².

Sur un appartement de 60 m², l’écart atteint facilement 200 000 à 250 000 € entre un bien dans le 19ème et un équivalent dans le 6ème ou 7ème. Tentant sur le papier, mais attention au piège.

Cette différence tarifaire reflète directement les problèmes de sécurité. L’économie apparente cache des risques majeurs pour votre patrimoine : trafic de drogue profondément enraciné, guerres de bandes récurrentes, climat d’insécurité permanent, dégradation continue de l’environnement urbain.

Notre recommandation est sans appel : évitez les quartiers sensibles du 18ème, 19ème et 20ème pour un investissement immobilier. Ces secteurs cumulent des problématiques structurelles qui ne se résoudront pas à court terme. La revente d’un bien dans ces zones s’avère extrêmement compliquée, voire mission impossible sans décote importante.

Pour un investissement serein et pérenne, privilégiez les arrondissements centraux (5ème, 6ème, 7ème) ou les secteurs résidentiels calmes comme le 14ème ou le 15ème. Certes plus chers à l’achat, ils garantissent sécurité, qualité de vie et surtout valorisation de votre patrimoine dans la durée. En immobilier, mieux vaut acheter petit dans un bon quartier que grand dans une zone à risque.