Paris compte aujourd’hui environ 2,3 millions d’habitants et affiche un taux de criminalité de 110 à 116 infractions pour 1 000 habitants en 2024 selon les chiffres du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), soit environ 259 000 infractions recensées sur l’année. Ce taux est en baisse d’environ 7% sur un an.
Une nuance essentielle avant d’aller plus loin : ce chiffre global est dominé par les vols sans violence (près de 100 000 cas, soit la catégorie la plus fréquente), qui se concentrent très majoritairement dans les zones touristiques et de transit — Tour Eiffel, Louvre, Sacré-Cœur, Champs-Élysées, Gare du Nord — pas nécessairement dans les quartiers évoqués plus bas. Le taux d’homicide parisien, lui, reste inférieur à 1,5 pour 100 000 habitants, un niveau comparable à d’autres grandes capitales d’Europe de l’Ouest. La réalité de la sécurité à Paris se joue davantage à l’échelle du micro-quartier, parfois d’une rue à l’autre, qu’à celle de l’arrondissement entier.
Cela dit, certains secteurs concentrent des difficultés documentées, notamment liées au trafic de stupéfiants, en particulier dans le nord-est parisien. Voici un état des lieux factuel, sans exagération ni généralisation abusive sur les populations qui y vivent.
Les secteurs concentrant le plus de signalements

Selon les statistiques officielles, trois arrondissements concentrent une part importante des signalements liés aux trafics : le 18e, le 19e et le 20e. Il ne s’agit pas de zones uniformément à risque : à l’intérieur même de ces arrondissements, la situation varie fortement d’une rue à l’autre.
18e arrondissement
Le 18e présente un fort contraste interne. La partie haute autour de Montmartre reste un secteur touristique et résidentiel calme. Plus au nord, plusieurs points concentrent des signalements récurrents liés au trafic de stupéfiants selon les rapports de police et les témoignages d’habitants relayés par la presse locale.

Porte de la Chapelle et La Chapelle figurent parmi les secteurs les plus régulièrement cités dans les rapports sur le trafic de stupéfiants à Paris, avec une présence visible jour et nuit selon les riverains et les forces de l’ordre.
Marx Dormoy a connu une dégradation ces dernières années, avec une installation du trafic de cannabis dans les halls d’immeubles et l’espace public, particulièrement après la tombée de la nuit selon plusieurs témoignages recueillis par la presse locale.
Goutte d’Or et Barbès-Rochechouart sont des quartiers historiquement marqués par la vente à la sauvette et le trafic (notamment de crack) autour de la station de métro Barbès. La zone connaît aussi des enjeux documentés d’exploitation sexuelle, un sujet suivi par des associations et les autorités, qui touche des personnes en situation de grande vulnérabilité — un problème social grave qui appelle un accompagnement, pas une généralisation sur qui que ce soit.
Château Rouge connaît également une activité de trafic et des vols à la tire fréquents, y compris en journée, autour du marché Dejean très fréquenté.
Clignancourt regroupe plusieurs ensembles résidentiels (HBM de la porte de Clignancourt, cité Blémont) où des tensions liées au trafic et des conflits entre groupes sont régulièrement rapportés par la presse locale.
19e arrondissement
Le 19e concentre, selon plusieurs sources concordantes, le taux de signalement le plus élevé de la capitale, avec des difficultés particulièrement marquées autour de plusieurs stations et cités.

Riquet-Stalingrad est régulièrement cité comme l’un des points de concentration les plus importants de la crise du crack à Paris, autour de la station de métro et de l’avenue de Flandre. La Forêt linéaire nord, un parc situé le long du périphérique, a été fermée temporairement par la ville en raison de cette problématique.
Cambrai fait partie des secteurs où des tensions entre groupes, parfois violentes, sont rapportées de façon récurrente par la presse locale depuis plusieurs années.
Place des Fêtes a connu des tensions marquées, notamment lors des émeutes urbaines de 2023, dans un secteur qui compte une vingtaine de tours et barres résidentielles.
Danube a été le théâtre de faits divers graves rapportés par la presse, dans un contexte de trafic organisé.
Rosa Parks illustre un décalage parfois observé entre un aménagement urbain récent (nouvelle gare RER) et des difficultés persistantes de propreté et de sécurité signalées par des collectifs de riverains.
Jaurès, Colonel Fabien, Laumière et Ourcq comptent également plusieurs cités où le trafic de stupéfiants, notamment de crack pour Laumière, est documenté de longue date.
20e arrondissement
La situation s’est globalement améliorée dans le 20e par rapport aux années 2010, même si plusieurs secteurs restent sous surveillance renforcée.

Belleville (côté 20e), autour des rues Piat, Ramponeau et du secteur des Couronnes, est classé en zone de sécurité prioritaire (ZSP), une désignation officielle qui implique un renforcement des effectifs policiers en raison de trafics de rue documentés.
Saint-Blaise, également classé en zone de sécurité prioritaire, a connu des niveaux de violence nettement plus élevés au milieu des années 2010 ; la situation s’est atténuée depuis, sans disparaître complètement selon les signalements les plus récents.
La Banane (rue Duris) reste associée à une activité de trafic de longue date, avec une intensité moindre qu’au pic des années 2010.
Ménilmontant, Python-Félix Terrier-Orteaux et Fougères-Dulaure font face à des difficultés sociales et à des tensions ponctuelles ; plusieurs opérations de démolition-reconstruction ont contribué à améliorer la situation par rapport aux années 2010.
Télégraphe-Saint-Fargeau est classé en zone de sécurité prioritaire, avec une présence policière renforcée pour lutter contre les trafics.
Porte de Montreuil, zone de passage animée notamment les jours de marché aux puces, reste marquée par de la vente à la sauvette et des trafics ponctuels selon les riverains.
Les quartiers réputés pour leur tranquillité
Paris ne se résume évidemment pas à ces zones de vigilance. Plusieurs secteurs offrent un cadre de vie calme et une présence policière régulière.
Le Marais (3e et 4e) combine patrimoine historique et tranquillité relative, avec une vie culturelle animée.
Saint-Germain-des-Prés (6e) est un quartier résidentiel et commerçant haut de gamme, généralement calme.
Le 7e arrondissement est une zone résidentielle prisée, abritant de nombreuses ambassades et institutions, avec une présence sécuritaire importante liée à ces infrastructures.
Le Quartier Latin (5e) associe vie étudiante et patrimoine, avec une animation constante qui contribue à une ambiance généralement rassurante de jour comme de soir.
Tableau récapitulatif : prix au m² selon les secteurs
| Secteur | Prix moyen/m² (ordre de grandeur) |
|---|---|
| 18e, 19e, 20e (secteurs nord/nord-est) | Environ 8 300 à 8 700 € |
| Le Marais (3e-4e) | 12 000 € et plus |
| Saint-Germain (6e) | 13 000 € et plus |
| 7e arrondissement | 12 500 € et plus |
| Quartier Latin (5e) | 11 500 € et plus |
Ces prix évoluent régulièrement : vérifiez les données actualisées auprès des notaires (base Immobilier.notaires.fr) avant toute décision.
Pour un projet d’achat dans ces secteurs
Le marché immobilier parisien présente des écarts de prix importants entre arrondissements. Les secteurs du nord-est affichent des prix inférieurs de 30 à 45% environ aux arrondissements centraux, ce qui reflète en partie une image dégradée liée aux problématiques de sécurité évoquées plus haut, mais aussi d’autres facteurs (offre de logements, historique urbain, distance au centre).
Cet écart de prix n’est ni un piège systématique, ni une aubaine automatique : c’est un arbitrage à faire en connaissance de cause. Un achat dans ces secteurs peut être pertinent pour un usage locatif ou un budget contraint, à condition d’évaluer précisément la rue et l’immeuble visés, pas seulement l’arrondissement dans son ensemble — la situation peut varier fortement à quelques centaines de mètres près. Certains micro-secteurs de ces arrondissements sont d’ailleurs en pleine rénovation urbaine et voient leur image évoluer positivement.
Avant de vous engager, quelques réflexes utiles quel que soit le secteur envisagé :
- Visitez le quartier à différents moments de la journée et de la semaine
- Renseignez-vous auprès du commissariat local sur les statistiques précises de la rue, pas seulement de l’arrondissement
- Consultez les données actualisées de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) ou du SSMSI
- Échangez avec des habitants et des commerçants du secteur exact visé
- Pour un investissement locatif, évaluez la revente potentielle en tenant compte de la dynamique du quartier, pas seulement de son prix d’entrée
Pour un achat en zone plus centrale, privilégiez les arrondissements comme le 5e, 6e, 7e, 14e ou 15e si la tranquillité immédiate est votre priorité absolue, en tenant compte du budget plus élevé que cela implique.
